Ministère de la Culture – Délégation générale à la langue française et aux langues de France

Résumé du projet

ÉCOUTER-PARLER, le Laboratoire mobile des langues est un programme culturel et scientifique qui vise à collecter la plus grande base de données de langues parlées afin de conserver et valoriser un vaste patrimoine sonore illustrant la diversité linguistique d’un territoire. En 2022, le camion ÉCOUTER-PARLER sillonnera le territoire des Hauts-de-France pour enregistrer les manières de parler en français et dans les langues régionales (picard et flamand occidental).

Ce programme initié par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, repose sur une dynamique de co-construction avec les acteurs locaux des territoires mais aussi de la Francophonie et du patrimoine linguistique mondial. Il émane d’une collaboration entre le ministère de la Culture, le CNRS (la Maison Européenne des Sciences de l’Homme et de la Société, MESHS, le laboratoire de l’université Paris Nanterre Modyco et Infrastructure de Recherche Huma-Num) et des partenaires régionaux. La déclinaison Hauts-de-France de ce programme est inscrite dans le Pacte linguistique Hauts-de-France signé fin 2020 par la ministre de la Culture, la Région Hauts-de-France, le Département de l’Aisne et la Communauté de communes Retz-en-Valois.

Le projet se concrétise par un dispositif innovant de trois modules : un camion équipé d’un studio permettant des enregistrements sonores ; une plateforme de traitement des enregistrements numériques ; un triple instrument de médiation avec des panneaux d’exposition, une application pour tablette et un portail Internet.

Objectifs

1. Un portait sonore inédit au niveau national et international.

Les enregistrements réalisés dans le laboratoire mobile contribueront au portrait sonore des pratiques langagières en France. Le projet pilote dans les Hauts-de-France sera développé en fonction du parcours du camion à travers le territoire, chacune des étapes impliquant un lieu (musée, médiathèque, école, marché, maison de quartier, fête foraine, etc.) et un projet local (projet-compagnon) afin de construire un réseau de recherches culturelles participatives.

La première collecte itinérante, dans les Hauts-de-France, débutera en mars 2022 (programmation en cours de finalisation).

2. Une plateforme technologique et une ressource pour les technologies du langage

En partenariat avec l’Infrastructure de Recherche Huma-Num du CNRS dédiée à la préservation, aux traitements et à la diffusion des données scientifiques dans une démarche de Science ouverte, les enregistrements collectés constitueront une ressource de premier ordre pour la recherche, l’enseignement et les technologies du langage fondées sur l’Intelligence artificielle.

L’exploitation industrielle se fera notamment en collaboration avec VoiceLab, association française qui regroupe différents institutions de recherche (universités, laboratoires de recherche) et des entreprises privées dont l’intérêt partagé est de permettre à la France et l’Europe de rester compétitives sur le marché de la voix au niveau mondial.

3. Un centre de ressources pour la maitrise du français

Le Laboratoire mobile intègre également un centre de ressources pour la maitrise du français destiné à des activités pour les publics concernés. Ce dispositif permet de donner toute sa place aux formes orales des langues dans les pratiques quotidiennes ainsi qu’à la diversité linguistique. Après avoir entendu différentes langues et contribué, par des enregistrements, à compléter la mosaïque sonore, chaque participant pourra avoir accès à une bibliothèque numérique de ressources dédiées à la maitrise du français.

4. Un projet arts et sciences participatives

L’originalité du projet repose sur un dialogue entre des démarches artistiques et scientifiques. Piloté par la DGLFLF, le projet a été initié à partir d’une collaboration entre des linguistes et l’artiste Guykayser afin de développer un programme de « dispositifs conversationnels ». Différents objets, dont des capsules conversationnelles, ont permis de préfigurer la conception du laboratoire mobile. Ils sont conçus pour faciliter les enregistrements sonores tout en offrant un environnement immersif pour des usages didactiques et artistiques.

Le dialogue arts et sciences se poursuit également avec la réalisation d’œuvres numériques dont l’une d’elle est « embarquée » dans le camion : Topographie parlée – une œuvre de Guykayser, promenade interactive dans le paysage des langues de France.

Contexte du projet

Dès qu’il fut possible d’enregistrer la parole, des chercheurs estimèrent que la captation et conservation de celle-ci allait bouleverser nos connaissances sur les langues. C’est l’auteur de la grande Histoire de la langue française, Ferdinand Brunot, qui, le premier, s’est préoccupé d’enregistrer et de conserver les traces sonores de faits de langue, en créant les fameuses Archives de la parole en 1911 à partir d’un projet de collectes sur l’ensemble du territoire français. Il s’agissait, grâce au phonographe, tout juste inventé, d’enregistrer, d’étudier et de conserver des témoignages oraux de la langue parlée. Ces enregistrements sur rouleaux de cire forment le fonds premier du département de l’audiovisuel à la BnF. Ils sont maintenant un élément phare de la bibliothèque numérique Gallica. Pour réaliser ses enquêtes et voyager sur tout le territoire, F. Brunot avait utilisé l’un des premiers véhicules Renault, puis avait imaginé une roulotte.

Depuis 2006, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France développe au sein de son Observatoire des pratiques linguistiques un programme pour conserver et valoriser le français parlé et la richesse de la diversité linguistique en France. ÉCOUTER-PARLER est un élément de ce programme qui développe également un portail d’accès aux données sur le français et les langues parlées en France et des projets de recherches culturelles avec différents partenaires.

Ce programme s’inscrit pleinement dans les missions de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France qui est chargée de coordonner et d’animer la politique linguistique de l’État en l’orientant dans un sens favorable au maintien de la cohésion sociale et à la prise en compte de la diversité de la société.

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Coordination générale : Paul de Sinety, délégué général à la langue française et aux langues de France

Conseillère pour l’action territoriale auprès du délégué général : Claire Extramiana

Responsable scientifique, chef de projet : Olivier Baude (CNRS et DGLFLF)

Coordinateur du projet : Thomas Chrétien (Université Paris Nanterre)

Artiste associé et concepteur du dispositif conversationnel : Guykayser

Développement audio et informatique : Gérard Paresys

Développement informatique : Laurent Malys

Design : Ruedi et Vera Baur, Maxime Leleux (dix—milliards—humains)

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